| De l'eau potable pour les canons à neige : un non-sens ! |
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| 18-11-2008 | |
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L'UFC-Que Choisir Rhône-Alpes s'inquiète de l'impact sur les réseaux d'eau potable de l'utilisation croissante des canons à neige. « 55 % de l’eau prélevée pour alimenter les canons à neige provient des retenues d’altitude, ..., seulement 15 % provient d’un Réseau d’Eau Potable » affirme le SNTF1 dans des communiqués qui se veulent rassurants, alors que l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée & Corse l'évalue déjà à 20 % pour 1999-20012 3. Surtout, les retenues d'altitude sont elles-mêmes alimentées de plus en plus souvent par des réseaux d'eau potable : c'est le cas pour 30 % des retenues de l'ensemble des Alpes du nord4 5 et pour 55 % de celles de Savoie5, département qui concentre le plus grand nombre de stations. Le ski doit pouvoir se pratiquer en toute sécurité mais l’eau est une denrée précieuse à protéger, l’encadrement de ses utilisations doit être strictement respecté. Les autorisations de prélever l’eau dans le milieu naturel pour l’approvisionnement en eau potable sont données en fonction du besoin des communes. Les débits réservés pour les autres besoins doivent être préservés, des conflits d’usage ont déjà été enregistrés et restent toujours possibles. L’abonné au réseau souhaite que le dimensionnement des installations corresponde aux besoins en eau de consommation humaine et à rien d’autre qui puisse accroître sa facture. Le tarif dégressif dont bénéficient des stations pour « grande consommation » fait que le coût du litre d’eau est moins élevé pour faire de la neige artificielle que pour faire sa cuisine ou sa toilette ce qui peut surprendre et va à l’encontre des mesures incitatives à l’économie d’eau. Dans l’article1 on peut lire encore : « … L’eau retourne à la nature à la fonte des neiges ». Certes la neige fond sur place et « l'eau retourne à la nature » (parfois sur un autre versant après transport), mais une proportion non négligeable de l'eau des retenues d’altitude s'évapore et part sous d'autres cieux6. Il faut savoir que la neige artificielle, fabriquée en partie à partir d'eau potable, a nécessité 10 millions de m3 d'eau en 2001, 15 millions en 2006, soit une une augmentation de 50 % en 5 ans ! 1 Syndicat National des Téléphériques de France cité par le Dauphiné Libéré du 16/10/2008 : « La neige artificielle sans artifices ». 2 Thomas CAMPION, Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse : « Impact de la neige de culture ». 3 Élise DUGLEUX Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse : « L’eau en montagne : gestion intégrée des hauts bassins versants » Megève, 5 et 6 septembre 2002. 4 A. MARNEZY, J.P. RAMPENOUX Université de Savoie : « Retenues d’altitude et neige de culture dans les Alpes du Nord », septembre 2006. 5 Ces pourcentages sont plus élevés lorsqu’on prend en considération les retenues alimentées à la fois par un réseau d’eau potable et par de l’eau de surface. 6 Pourrait entraîner jusqu’à 30% de pertes selon Carmen DE JONC de l’Institut de la Montagne, Université de Savoie. Le Dauphiné Libéré du 16/06/2007. |
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