Le collectif « Obésité : protégeons nos enfants ! » dénonce

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L’industrie alimentaire et de la grande distribution se dérobe !

Refusant de s’associer à la lutte contre l’obésité infantile, à laquelle contribuent leurs produits, une partie de
l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution boycotte la concertation proposée par Roselyne
BACHELOT pour mettre fin au harcèlement des enfants par le marketing alimentaire.


Le 4 février dernier, répondant aux appels conjugués des médecins, des nutritionnistes, des associations de
patients, de parents et de consommateurs, la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, a présenté un
programme de mesures pour mettre un coup d’arrêt à la progression inquiétante de l’obésité infantile. La première
phase de ce programme comprend trois réunions de concertations les 7, 17 et 25 mars, au cours desquelles les
professionnels sont invités à présenter des propositions volontaires pour retirer les confiseries aux caisses de la
grande distribution et encadrer la diffusion pendant les programmes pour enfants des publicités pour les aliments
gras, sucrés ou salés.

Mais pour la deuxième fois hier, l’industrie et la grande distribution ont boycotté les réunions de concertation et
cette politique de la main tendue, au motif qu’elles n’auraient pas obtenu de Madame la Ministre une rencontre à
huis clos !

Alors que d’autres professionnels plus responsables2 ont déjà présenté des engagements pour réduire la pression
marketing qui pèse sur les enfants, les associations membres du collectif « Obésité : protégeons nos enfants ! »
dénoncent cette politique de la chaise vide et interpellent dans une lettre ouverte (voir pièce jointe) les 4 plus gros
annonceurs3 au sein des programmes publicitaires pour enfants : Nestlé, Kellogg’s, Danone et Yoplait, ainsi que
les grandes enseignes de la distribution (Auchan, Carrefour, Casino, Cora).

Nous sommes persuadés que Madame la Ministre et ses équipes sauront construire un dispositif protégeant les
enfants, et nous l’appelons à ne pas céder au chantage de quelques professionnels en les rencontrant hors de la
table de négociation. Cependant, si ces professionnels devaient persister dans leur politique de la chaise vide
pour la troisième et dernière réunion de concertation, alors nous appellerions Madame la ministre à en tirer les
conséquences. Cette ultime absence serait en effet la démonstration de l’incapacité de l’industrie à se réformer
par elle-même et à renoncer aux vieilles pratiques d’instrumentalisation des enfants. Elle signifierait également
l’échec flagrant de l’autorégulation et démontrerait que la seule mesure véritablement protectrice des enfants est
de recourir aux mesures réglementaires prévues dans la deuxième phase du programme du Ministère de la
Santé.

 



1
Le collectif « Obésité : protégeons nos enfants ! » est composé de l’Association Française des Diabétiques (AFD), l’Association Nationale des Directeurs de la Restauration Municipale (ANDRM), de l’Association de la Restauration Collective en Gestion Directe (CCC France), de la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques (FCPE), de la Fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public (PEEP), et de l’UFC-Que Choisir.

2
Ferrero, Orangina-Schweppes, Coca-Cola, Mc Donald’s et le Syndicat du Chocolat ont retiré leurs publicités des programmes télévisés pour
enfants ; les magasins Leclerc ont annoncé leur engagement de retirer les confiseries au niveau des caisses.

3
4 principaux annonceurs relevés dans les deux analyses des programmes publicitaires pour enfants réalisées par l’UFC-Que Choisir et
publiées en septembre 2006 et septembre 2007.

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