L’efficacité des « alicaments » est remise en question
L’étude publiée aujourd’hui par l’UFC-Que Choisir1 démontre que le yaourt « Essensis » n’a pas
d’effets significatifs sur l’hydratation de la peau, contrairement à ce qui est avancé par le fabricant
Danone. Ces résultats jettent le doute sur l’efficacité réelle des alicaments.
Commercialisé depuis janvier 2007, le yaourt « Essensis » permet selon Danone de nourrir « la peau
de l’intérieur » et contribuerait de ce fait à « une peau plus saine et donc plus belle ».
L’UFC-Que Choisir a vérifié ces assertions sur la base d’une étude réalisée pendant 3 mois auprès de
100 personnes, réparties en cinq groupes. Deux groupes ont consommé « Essensis » tous les jours,
deux autres ont consommé le yaourt « Velouté » de Danone. Un cinquième groupe témoin s’est
contenté de manger de manière variée. En parallèle, les personnes des cinq groupes ont appliqué sur
leur avant-bras une crème hydratante.
Les résultats observés trois mois plus tard sont sans appel : alors que l’efficacité de la crème
hydratante est confirmée, aucune différence significative n’est constatée chez les personnes ayant
consommé « Essensis » par rapport aux autres groupes. En clair « Essensis » ne tient pas ses
promesses malgré les études dont Danone se prévaut.
Il est vrai que les pièces du dossier constitué par Danone ne constituent pas des démonstrations
scientifiques à l’exception d’une étude clinique … mais qui n’a toujours pas été publiée ! Quant aux
communications publicitaires, elles n’ont jamais été soumises à l’approbation de l’Agence Française
de Sécurité des Aliments. Ces carences résultent en fait de l’absence d’une réglementation spécifique
aux « alicaments » (aliments présentés comme des médicaments) : pas d’exigences méthodologiques
précises, pas de contrôle préalable des emballages, ni des publicités.
Afin de moraliser un marché en pleine croissance et représentant déjà entre 6 et 8 % des produits
alimentaires de marque, l’UFC-Choisir demande la mise en place d’un cadre réglementaire spécifique
aux « alicaments » en matière de démonstration scientifique et de communication. Nous demandons
notamment à la Commission Européenne et à l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments :
- de définir le type d’étude devant constituer le dossier scientifique et la méthodologie à
employer, - de développer des règles de communication publicitaire et de vérifier la conformité des
emballages et des communications, préalablement à leur utilisation par le fabricant.
1 Etude réalisée pendant 3 mois auprès de 100 personnes par un laboratoire externe indépendant, selon les méthodes de
cornéométrie et de perte insensible en eau.
