Air intérieur chez les politiques de la région Rhône-Alpes - UFC-Que Choisir Rhône-Alpes

Air intérieur chez les politiques de la région Rhône-Alpes

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Au vu de leurs résultats, les législateurs doivent déloger la pollution !

L’UFC-Que Choisir Rhône-Alpes publie ce jour les résultats d’une enquête exclusive sur la pollution de l’air intérieur des lieux de vie de personnalités politiques, réalisée avec le concours de trois députés de la région : Georges COLOMBIER, député de l’Isère, Michel HAVARD, député du Rhône et Lionel TARDY, député de Haute-Savoie1.


Sur les 36 analyses effectuées (total pour toute la France), 29 révèlent une qualité de l’air mauvaise (dont 9 très mauvaise), 7 moyenne, mais aucune ne peut prétendre à la mention « bonne » ! En effet, dans la totalité des prélèvements, la présence de benzène, substance cancérigène et de formaldéhyde, classé polluant prioritaire par l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, a été détectée. Bref, aucun des participants ne respire un air sain !

La qualité de l’air est mauvaise chez les trois parlementaires de la région qui ont accepté de se prêter à l’analyse, voire très mauvaise pour Georges COLOMBIER, qui cumule excès de formaldéhyde et de benzène. A l’image de l’ensemble des échantillons analysés, tous les résultats présentent de trois à quatre cancérigènes, et une concentration en formaldéhydes supérieure à la valeur maximale recommandée de 10 µg/m3 ! Ainsi, même chez Lionel TARDY dont les résultats sont moins mauvais en comparaison de ses collègues, les quatre cancérigènes recherchés ont tous été identifiés, et la concentration en formaldéhydes est excessive.

Loin de vouloir stigmatiser le cas particulier des politiques de la région, l’UFC-Que Choisir Rhône‑Alpes entend provoquer une prise de conscience sur ce problème généralisé de santé publique.

En effet, si les comportements individuels (manque d’aération des logements, tabagie, …) peuvent, pour partie, contribuer à des forts niveaux d’exposition, ce sont avant tout les produits de consommation qui sont à l’origine de ce cocktail chimique dont la dangerosité est encore accrue par le confinement des lieux2 où nous passons 85 % de notre vie.

Face à un tel fléau sanitaire, l’information des consommateurs est primordiale. Obtenu de haute lutte lors du Grenelle de l’Environnement, un étiquetage devait permettre aux consommateurs d’identifier les produits les moins polluants. Or, sous la pression des lobbies, l’échelle de notation en cours d’élaboration est devenue particulièrement laxiste.

Sur la base de ce constat sans appel, l’UFC-Que Choisir Rhône-Alpes demande aux législateurs, particulièrement à ceux ayant participé à cette enquête, d’agir en adoptant une grande Loi de lutte contre la pollution de l’air intérieur, imposant notamment :

  • Des études toxicologiques pour déterminer la dangerosité de toutes les substances non étudiées à ce jour ;
  • Une vérification par des laboratoires indépendants du niveau d’émanation pour tous les produits de consommation susceptibles de dégager des substances nocives ;
  • L’interdiction de commercialiser les produits lorsque les émanations dépassent les seuils recommandés ;
  • Un durcissement du barème d’étiquetage pour permettre aux consommateurs d’identifier les produits les moins polluants ;
  • Une incitation financière aux particuliers pour l’installation de dispositifs d’aération efficaces dans les logements.

1 Enquête réalisée entre mars et mai 2010 dans les bureaux ou les domiciles de Madame Chantal JOUANNO et de parlementaires membres de l’Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques ou membres de commissions ou de groupes de travail en lien avec le thème de la pollution de l’air intérieur (voir liste en annexe). Des kits individuels ont été placés dans les différents lieux de vie, pendant cinq à sept jours consécutifs. Suite à cette période d’exposition, les kits ont été analysés par un laboratoire indépendant sur les teneurs en composés organiques volatils totaux, formaldéhyde, benzène, trichloroéthylène et tétrachloroéthylène.
2 Selon l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, l’air intérieur est insuffisamment renouvelé dans près de 80 % des logements français (enquête de juin 2008 dans 567 logements).

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