Après l’annonce par François FILLON de l’abandon de la taxe carbone, l’UFC-Que Choisir appelle le
gouvernement à mettre en place sans tarder une véritable fiscalité verte, socialement équitable et
écologiquement efficace.
L'UFC-Que Choisir s'est toujours montrée sceptique quant à l'efficacité de la taxe carbone à faire
évoluer les comportements des consommateurs, surtout les ménages ruraux, en raison notamment de
leur captivité énergétique. Elle entend saisir l’opportunité de l’abandon de la taxe carbone, dont elle ne
peut que se réjouir, pour relancer la discussion sur la nécessité d'une fiscalité plus intelligente et
intelligible.
L'UFC-Que Choisir n'est pas, par principe, hostile à l'utilisation du levier prix pour orienter les
comportements dans le sens d'une consommation plus économe en énergie… Il faut cependant que
deux conditions soient réunies :
- Le consensus sur l'intérêt écologique du but poursuivi et l’implication de l’ensemble des pollueurs
sont nécessaires. La fiscalité verte, derrière de louables objectifs écologiques, ne doit pas être un
cheval de Troie de la taxation des consommateurs, qu'il est toujours plus facile de faire payer plutôt
que de faire changer de comportement les autres parties prenantes (industriels, distributeurs,
agriculteurs, compagnies pétrolières, etc.). - Ensuite, le consommateur ne doit pas être captif de la situation, il doit avoir une alternative crédible.
Le gouvernement serait bien inspiré de promouvoir des alternatives à la consommation d'énergie
fossile pour les citoyens en développant des mesures écologiques ayant fait leurs preuves : par
exemple, extension du bonus-malus à d'autres produits que la voiture (réfrigérateurs, téléviseurs,
chaudières…) ou encore amélioration de l'offre de transports en commun, notoirement insuffisante.
Selon Alain BAZOT, Président de l’UFC-Que Choisir, « S’il ne veut pas fâcher les français avec la
cause écologique, le gouvernement doit comprendre que le combat environnemental ne se gagnera
pas contre les consommateurs mais avec eux »
